130 pays, 100 000 employés. Voilà une façon d'expliquer la complexité des systèmes d'information.
Patrick Hereng
Total, France,
Directeur des Systèmes d'information
Total est un grand Groupe. C’est la première entreprise française, avec des opérations dans 130 pays et près de 100 000 employés. Donc la taille joue. Notre budget informatique 2008 est proche d’un milliard d’euros. Notre direction des systèmes d’information compte 2 000 employés et 2 500 prestataires, et nous gérons 80 000 PC et un millier de serveurs. Voilà une façon d’expliquer la complexité des systèmes d’information chez Total.
La complexité vient également des différences que l’on observe d’une entité à l’autre. Total est impliqué dans un grand nombre d’activités, de l’exploration et la production (E&P) à la raffinerie, au commerce et au transport en passant par le gaz, l’électricité et les produits chimiques, sans oublier la pétrochimie et la chimie spéciale. Prenez l’entité E&P, par exemple. Elle produit du pétrole et s’appuie sur un système d’information complexe pour l’exploration, le calcul scientifique, etc., mais elle n’a pas de clients. D’un autre côté, l’entité Marketing traite avec les millions de clients qui passent chaque jour dans les quelque 20 000 stations services situées partout dans le monde. Vous imaginez bien qu’il y a autant de besoins différents qu’il y a d’entités dans Total et que chacune a besoin de son propre système d’information complexe.
Ajoutez à cela notre une couverture géographique étendue : nous sommes présents en Europe, aux États-Unis, en Afrique et en Amérique du Sud, et nous sommes souvent dans des environnements où il n’y a absolument aucune infrastructure informatique (plates-formes E&P, par exemple, ou certaines raffineries…).
La mondialisation ajoute encore une couche supplémentaire de complexité car la compétitivité est désormais évaluée à un niveau global.
Fournir des services informatiques à nos entités au bon niveau et au bon prix est un défi de plus en plus difficile à relever.
Non seulement nous sommes en forte concurrence avec tous les acteurs majeurs du marché, mais également avec les entreprises indiennes et chinoises. Or il nous faut demeurer compétitifs. La rapidité est le facteur clé : l’adoption rapide de nouvelles technologies, du Web 2.0 à la FID, nous conserve un temps d’avance sur la concurrence.
Nous avons une gouvernance informatique solide et bien organisée. Bien que Total soit un groupe décentralisé et que les opérations soient gérées au niveau des entités, la stratégie et les règles de fonctionnement sont de la seule responsabilité de la direction des services d’information centrale. Toutefois, au sein de chaque entité, il y a une direction de l’information alignée sur le métier concerné. Ce n’est pas la solution la plus simple, pour être honnête c’est même assez compliqué, mais ça fonctionne bien chez Total. Ce qui importe, c’est que le système d’information de chaque entité soit adossé à une architecture globale commune qui a été créée en centrale.
Quand je parle d’infrastructure globale, je me tourne en fait vers l’avenir : elle n’existe pas encore mais c’est l’objectif que nous nous efforçons d’atteindre grâce à un projet spécifique dont le nom de code est « Perspective 2008 ». Grâce à cette nouvelle infrastructure, toutes les composantes seront mises à jour, du poste de travail à la sécurité du réseau en passant par le système de téléphonie. Ce projet de transformation stratégique permettra d’aboutir à des postes de travail standards dotés de fonctionnalités du Web 2.0 et permettant une meilleure coopération inter-unités. Le projet sera mis en œuvre à une échelle mondiale entre 2008 et 2012.
Comment Sogeti est-il arrivé là ? En 2006, nous avons mis en place le groupe de travail Perspective 2008. Cette équipe comportait des éléments venant de toutes les directions et entités informatiques, soit 25 au total. Ils ont eu pour mission de concevoir l’architecture du système et l’ingénierie a été confiée à des prestataires de services. Trois domaines différents ont été identifiés : les postes de travail, les réseaux et la sécurité, et le management des services sur la partie infrastructure.
La partie poste de travail du projet, intitulée « Vision », est probablement la plus stratégique et nous avons confié la responsabilité de sa conception à Sogeti. Nous avons considéré que Sogeti avait les compétences et les capacités les plus à même d’atteindre les objectifs sur un projet aussi crucial.
Le projet Perspective 2008 comporte des défis importants. L’achèvement dans les délais impartis est tout d’abord d’une importance cruciale. Nous devons avoir fini la conception d’ici mi-2008 afin de pouvoir déployer le premier pilote en septembre. Cette phase pilote doit se dérouler à la perfection, la solution doit être complète, nous ne pourrons pas nous permettre d’introduire des changements importants à un stade ultérieur du projet.
Ensuite, il nous fait vraiment répondre aux besoins des utilisateurs. Sur ce poste de travail, chaque utilisateur aura accès à la vidéo-conférence, à la messagerie instantanée, à un système de communication unifiée. Les utilisateurs devront s’adapter à cet environnement de communication intégrée car son impact sur leur façon de travailler sera important. Notre mission est de les accompagner dans ce changement et de faire en sorte que la transition se fasse en douceur.
Enfin, nous devons encourager les changements d’habitudes au sein de nos propres équipes informatiques afin que le niveau de prestation de service soit à la hauteur des attentes des différentes entités. Bien sûr, les problèmes techniques sont importants à régler, mais cela doit s’accompagner d’un changement comportemental. Si le facteur humain est laissé en dehors de l’équation, alors aucun changement n’interviendra. Ce qui n’est pas possible.
Le changement doit devenir réalité.
Notre ambition est assez exigeante. Nous voulons être capables de fournir le même niveau de service à partir du même poste de travail Vision de Total à tous nos employés, qu’ils soient en Europe, aux États-Unis, en Asie ou en Afrique… partout dans le monde ! Nos systèmes d’information devront être aussi facilement accessibles depuis chez soi, du bureau, d’un hôtel, depuis n’importe quel pays, n’importe quelle entité, et même depuis toutes les plateformes E&P !
Dans le monde des affaires tel que nous le connaissons aujourd’hui, nous avons besoin de partager de plus en plus d’information, dans un environnement plus collaboratif, facilement accessible depuis n’importe où.
Comme je le disais, c’est un grand défi à relever et je serai vraiment fier si ce projet aboutit dans les délais. Nous comptons sur Sogeti pour nous y aider.
